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AILLEURS | Cambodge
Expat, qui es-tu ?
Partie II : La femme expatriée : passante du sans-souci ou épouse au foyer ?
Le Cambodge n'a jamais été un
poste facile pour une femme
expatriée, quelle qu'elle soit,
quels qu'aient été son parcours
antérieur et les pays qu'elle a fréquentés.
Depuis 1998, le pays se
normalise lentement. Même s'il
reste au Cambodge des progrès
colossaux à faire dans nombre de
domaines, les avancées en
matière de sécurité ont été phénoménaux.
On vit aujourd'hui aussi
bien à Phnom Penh ou Siem Reap
qu'ailleurs, c'est-à-dire avec de
l'électricité, et sans se faire agresser
à chaque coin de rue comme
ce fût malheureusement le cas
durant les années 1990. De plus,
les expatriés ou étrangers peuvent
désormais circuler sur toutes
les routes du royaume sans peur
de s'y faire kidnapper par un
groupe de furieux à moitié saouls
avec l'armement du parfait petit
guérillero. Ainsi donc les expatriées
que d'aucuns disent du sexe
faible n'ont plus rien à craindre?
Rien n'est moins sûr. Car si les
dangers d'agression physique se
sont réduits à un niveau de risque
«normal», les risques de troubles
psychologiques, eux, n'ont jamais
disparu.
1- L'épouse au foyer
Elle n'a pas choisi le Cambodge et ne
fait que suivre son mari dans sa nouvelle
affectation mais, au départ, cela la
change de l'Afrique. L'épouse n'a pas
forcément le choix dans l'organisation
de ses journées car Phnom Penh ne
brille pas par ses manifestations culturelles.
Le quotidien est donc ponctué au début
par l'aménagement du logement de
fonction, le recrutement du personnel,
sa formation et les entrées et sorties de
classe des enfants. Sans oublier l'abonnement
au centre sportif d'un hôtel de
luxe. Après quelques mois de prise de
contact, elle trouvera les journées
longues et se mettra en quête d'un travail.
Généralement, l'épouse trouvera
un emploi bénévole dans une organisation
quelconque correspondant à ses
aspirations ou se transformera en professeur.
Les plus entreprenantes monteront
leur petite fabrique artisanale de
confiture ou de glace maison mis en
vente dans les boutiques des copines.
Les artistes exposeront leurs toiles,
sculptures, peintures sur oeufs ou
autres supports et auront même un
article publié dans le journal local francophone
ou anglophone. Une infime
poignée trouvera un travail grâce aux
relations de leur mari (personnage
influent et haut placé dans la hiérarchie
des expats), parfois dans des postes
d'organisation ou d'administration créés
tout spécialement pour madame… Avec
salaire conséquent.
L'épouse de l'expatrié peut adorer ou
détester sa vie au Cambodge, cela
dépend des rencontres, de l'attitude de
son mari, de son aptitude à s'adapter,
de ses activités et des loisirs choisis.
Celles, actives, qui aiment les marchés,
le troc, le bruit, la foule, la chaleur et
les antiquités seront comblées. D'autres
se découvriront une passion pour
Angkor Wat et enchaîneront les weekends
à Siem Reap. Certaines s'enferment
dès le départ dans une coquille et
restent imperméables à la vie locale,
passant leurs journées à regretter le
poste précédent de leur époux. Elles
trouveront toujours des personnes sur
la même longueur d'onde pour écouter
leurs malheurs. En règle générale, le
Cambodge ne fait pas de cadeau à la
vie de couple. Si ce dernier est solide et
bien arrimé à des valeurs et passions
communes, le séjour dans le royaume
sera riche en découvertes et aventures
et le départ douloureux pour toute la
famille. Si le couple se fissure, prend
l'eau et que le Cambodge est vu comme
le seul espoir de recoller les morceaux,
le séjour risque de prendre des allures
de déchirure permanente et le torchon
pourrait bien s'enflammer rapidement.
Le constat peut paraître brut et sans
finesse mais, mesdames, sachez-le, le
Cambodge ne fait pas dans la douceur.
Ici, c'est tout ou rien. Une deuxième
lune de miel ou un divorce cuisant.
2- La femme active
Il existe deux cas types de femmes
actives. La responsable et la femme de
terrain. Pour des raisons évidentes au
Cambodge, nous avons choisi de les
décrire dans l'humanitaire.
La responsable sait jouer de son
charme mais ne cache pas sa poigne et
sa nécessaire fermeté puisqu'elle évolue
dans un monde d'hommes qui ne
font pas, comme chacun le sait, le
moindre cadeau. La responsable n'hésite
pas à partir sur le terrain au volant
de son propre 4x4 et à côtoyer l'insupportable
misère afin d'examiner le bon
déroulement d'un programme. Elle a
une vision du Cambodge très proche du
«barang (1) à mi-chemin» mais connaît
des tas de «barangs éponges» et fréquente,
de par son métier, autant de
«barangs rejets» (2). La responsable
passe sa vie à cheval entre les réceptions,
les dîners mondains, les réunions
de travail et son immersion dans le
Cambodge profond. Au bout de quelque
temps à courtiser les bailleurs de fonds,
et à voir la lenteur des progrès, elle
s'avoue fatiguée et son séjour dépassera
rarement quelques années.
Lorsqu'elle quittera le Cambodge, elle
pourra avoir une vision mitigée de l'utilité
de son métier mais en gardera un
souvenir inoubliable... ou effroyable.
La femme de terrain, elle, est en
général une célibataire endurcie qui a
mis le sexe entre parenthèses pour
mieux se consacrer à ces populations
qui crient famine. Elle sait qu'elle ne
sauvera pas le monde mais elle porte sa
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goutte d'eau dans cet océan de misère
avec autant de conviction que Jésus
portait sa croix. Elle habite comme ses
ancêtres les Gaulois dans une hutte en
bois, sans eau courante ni électricité,
loin, très loin de la ville. Elle lit, écrit et
parle le khmer aussi bien qu'un prof de
langues orientales et ne se rend à la
capitale que lorsqu'elle est vraiment
obligée. Pour la rencontrer, il faut se
rendre dans ces lointaines régions
frontalières reculées et inhospitalières,
sur des terrains minés et impaludés. Là,
elle s'échine à transformer des projets
de 200 pages en réalités à 200 à
l'heure. Elle affronte sans relâche le laxisme
latent des autorités locales, la
cupidité notoire de certains policiers, le
poids implacable des intempéries, la
trompe cuisante des nuées de moustiques,
la récurrence des fièvres et la
nonchalance irritante d'un peuple
soumis à 30 années de guerre.
Engagée, passionnée, rude et idéaliste,
la femme de terrain est en voie de disparition
au Cambodge, certainement
partie au secours de peuplades moins
compliquées.
3- L'aventurière
Elle est venue ici en vacances sac à dos
et a immédiatement su que le
Cambodge avait besoin d'elle. Elle n'a
toutefois ni les qualités de la responsable
ni la témérité de la femme de terrain
mais fréquente assidûment tous les
milieux expatriés, un CV dans une main,
une carte de visite dans l'autre. Si par
chance elle trouve un poste, elle se
dévouera sans compter, un oeil sur les
jeunes «barangs rejets» célibataires de
son bureau. En soirée, c'est en compagnie
des «à mi-chemin» qu'on la retrouve
le plus. Au début, elle les accompagne
dans leurs soirées nocturnes et
devient rapidement super copine avec
toutes les prostituées qui peuplent cet
univers. Elle les considère d'ailleurs
avec un brin de pitié comme des «pauvres
filles qui n'ont pas eu le choix»
mais les trouvent «géniaaaaaaaaaaaaaales
». Si elle ne rencontre
pas un petit copain rapidement, elle
risque de se lasser des réflexions
salaces des expatriés qui l'entourent. La
galanterie ayant tendance à fondre
comme neige au soleil, ces derniers
n'hésiteront pas à raconter, en sa
présence, leurs aventures nombreuses
et variées, ponctuées de détails croustillants.
L'aventurière déborde d'énergie
qu'elle canalise souvent assez mal. Elle
pourra s'initier à certaines drogues,
imprimer sa peau de tatouages
tantriques, se percer le nombril, la
langue ou le sourcil et militer en faveur
de causes nobles. Elle tentera de comprendre,
entre autres choses, la fascination
qu'exercent les Asiatiques sur la
libido des mâles célibataires occidentaux,
opposée à l'indifférence pour sa
personne de ces mêmes mâles. A l'inverse,
rares sont celles qui épousent des
Cambodgiens. Si l'aventurière s'obstine
à rester dans ce pays où sa vie sentimentale,
sexuelle et affective est un
drame et où les propositions d'embauche
ne sont que contrats locaux
minables, le risque est grand d'errer
éternellement sur sa moto dans les rues
de la ville. Deux choses sauveront
l'aventurière: une profonde aventure
avec un jeune homme bien et un bon
travail dans le monde des «barangs
rejets» ou alors un billet d'avion retour
pour un monde moins cruel.
4- La passante du sans-souci
Elle n'est pas venue au Cambodge pour
suivre son petit copain, pour se prouver
ou fuir quelque chose. Elle est charmante,
douce, agréable, bien dans sa
tête, s'entretient le corps et l'esprit et
est courtisée par nombre d'expatriés
toutes classes confondues. La «sanssouci
» travaille dans des secteurs variés,
comme l'archéologie, la recherche,
la coopération, l'hôtellerie. Elle peut être
professeur, secrétaire ou même ethnologue.
Généralement, la «sans-souci»
se rencontre dans les soirées entre
expats le samedi soir et dans les restos
à la mode de Phnom Penh ou de Siem
Reap. Elle fuit les cocktails mondains où
elle est d'ailleurs rarement invitée. La
sans-souci ne fait que passer au
Cambodge et elle en profite à fond, parfois
à cent à l'heure sur sa 250 cc, les
week-ends dans la brousse. Certaines
restent plus longtemps que les autres,
cela dépend des rencontres et des
opportunités de travail mais leur séjour
dépasse rarement les deux ou trois ans.
La «sans-souci» est une femme active
mais elle ne rentre pas pour autant dans
la catégorie de la femme active énoncée
précédemment, trop fainéante, trop
juvénile pour cela et surtout trop
franche, au caractère sans concession,
et pas assez mondaine. Elle peut, par
contre, rapidement intégrer la catégorie
de l'épouse au foyer, mais ce dans un
autre pays et après avoir, bien entendu,
épousé par erreur un «barang rejet»…
Il est impossible de parler de la passante
du sans-souci sans dire deux mots
de son amant.
Ce dernier est jeune, nouvellement
expatrié, barman, responsable d'ONG,
employé d'un grand hôtel quelconque,
et n'a fréquenté les prostituées que très
exceptionnellement, juste pour voir. Il
n'est absolument pas attiré par les
Asiatiques en général. Lui, il préfère les
sans-souci, les expates, blondes, brunes
ou rousses, françaises ou nordiques de
préférence. Il se comporte ici comme un
étudiant en Europe, mi-sérieux midéconneur.
Il habite une maison en bois
et roule en Ssanyang, Vespa ou 250cc,
avec un casque, ce qui le différencie du
«à mi-chemin», qui ne vit pas forcément
dans une maison en bois, ne porte
jamais le casque, trop chaud, trop conventionnel,
et ne couche jamais avec
une expate, sauf par erreur. L'amant de
la passante est très conventionnel sous
ses allures d'étudiant nonchalant. On le
trouve lui aussi exclusivement dans les
soirées d'expats, et il n'est pas le
dernier à organiser, chez lui, ces sortes
de surboums d'adolescents boutonneux
où chacun amène sa bouteille. Il croise
les «à mi-chemin» mais sans les
fréquenter véritablement. D'ailleurs,
comme ces derniers n'ont jamais répondu
à ses invitations aux soirées d'expats,
ils ne sont plus invités. Les deux
catégories ne se comprennent pas trop
non plus. Ils ne se seraient jamais
fréquentés dans leur propre pays. Mais
ici, ils sont tout deux des expatriés, ce
qui rapproche en façade les liens.
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si nous pensons a vous c est en fait egoiste
demain nos noms peut etre grossiront la liste